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Musée de Villèle

Habitation sucrière classée, mémoire de l’esclavage et collections XVIIIe-XIXe

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Sur les hauteurs de Saint-Gilles, le Musée de Villèle occupe l’ancienne habitation Desbassayns, vaste domaine sucrier du XVIIIe siècle devenu musée départemental en 1974. Autour de la maison de maître inspirée de l’architecture de Pondichéry se déploient une cuisine créole, un hôpital destiné aux esclaves, une sucrerie et une chapelle néogothique classée. Le site conserve un mobilier Louis XV et Louis XVI, des armes anciennes, des maquettes de navires du XVIIIe siècle et un exceptionnel fonds documentaire sur l’esclavage et l’exploration africaine.

Une habitation sucrière devenue musée à Saint-Gilles-les-Hauts, La Réunion

Le domaine trouve son origine dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, lorsque la famille créole Panon Desbassayns réunit plusieurs concessions pour y développer une importante plantation sucrière, qui s’étendait alors du bord de mer jusqu’à 1400 mètres d’altitude. À la mort de la veuve Desbassayns en 1846, le domaine passe à ses héritiers, dont la famille noble de Villèle, originaire de Toulouse, qui lui donne son nom actuel. En 1974, le Département de La Réunion acquiert le site pour un franc symbolique auprès des descendants d’Ombline Desbassayns : Villèle devient alors le troisième musée de l’île et le premier « musée site » créé après la départementalisation.

Un ensemble architectural classé monument historique

Le domaine de 10,5 hectares réunit six ensembles bâtis : la maison de maître, dont l’architecture s’inspire des comptoirs de Pondichéry, une cuisine créole traditionnelle, un pavillon en bardeaux, un hôpital destiné aux personnes réduites en esclavage, une chapelle domestique et une sucrerie. Inscrit à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques dès 1997, l’ensemble du site est classé depuis 2019. La chapelle Pointue, de style néogothique, reste aujourd’hui le seul bâtiment ouvert au public pendant les travaux de rénovation du musée engagés depuis juillet 2026.

Des collections entre mobilier créole et mémoire de l’esclavage

Constituées dès 1974 autour d’un mobilier Louis XV et Louis XVI, les collections se sont enrichies d’armes anciennes, de maquettes de navires du XVIIIe siècle et de lithographies mauriciennes. Une donation majeure reçue en 2012 a apporté plus de 2000 documents consacrés à l’exploration et à la colonisation en Afrique, cartes géographiques et photographies anciennes à l’appui. Le musée conduit également un travail de recherche et de médiation autour de l’histoire de l’esclavage à La Réunion, en lien avec le Cercle des muséophiles de Villèle et l’association Kan Villèle.

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